Les tortues marines, ainsi que de nombreux autres herbivores marins, se nourrissent dans les herbiers. Petit focus !

Tortues marines

Espèces migratrices emblématiques, les tortues marines fréquentant les eaux mahoraises nidifient sur ses plages et s’alimentent dans ses herbiers marins et ses récifs coralliens.

La population de tortues vertes de Mayotte (Chelonia mydas), aussi appelée nyamba en shimcomori (une des langues parlées par les mahorais), est l’une des plus importantes de l’Ouest de l’océan Indien. La tortue imbriquée (Eretmochelis imbricata), ou nyamba mâle, y fréquente principalement les aires d’alimentation coralliennes. La tortue luth (Dermochelys coriacea), la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) et la tortue couanne (Caretta caretta) croisent probablement plus au large, dans les eaux de l’archipel.

Ces tortues pondent tout au long de l’année, avec un pic de ponte lors de la saison sèche, entre mai et juillet. Chaque femelle réalise en moyenne 3,5 pontes par saison.

Herbivores, les tortues vertes immatures et adultes broutent en grand nombre sur les herbiers marins, notamment sur la plage de N’gouja. Ce site présente aujourd’hui une valeur écotouristique forte, permettant sa conservation et sa valorisation.

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Tortue verte mâle se nourrissant sur l’herbier

Cependant, les autres plages de ponts de Mayotte ne bénéficient pas d’un suivi et d’une surveillance suffisante : le braconnage y sévit de manière importante. Le prélèvement des œufs de tortues représente une menace pesant sur la régénération des population, tandis que le manque de gestion des déchets est une cause de mortalité additive, les tortues ingérant par erreur les déchets laissés à la mer.

Les objectifs de gestion des tortues marines se réfèrent donc essentiellement à la réduction ou à la minimisation des menaces, pour permettre le maintien des populations. Espèces longévives, à maturité sexuelle tardive, la tortue verte est classée comme en danger par l’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN), alors que la tortue imbriquée est considérée comme en danger critique d’extinction.

Reconnue comme la plus importante population de tortues vertes des îles anthropisées du Sud-Ouest de l’océan Indien, sa viabilité reste néanmoins moyenne et liée aux différentes menaces perturbatrices.

Herbiers marins

Les herbiers marins, considérés comme le « plus utile » des écosystèmes en termes de biens et de services, constituent un écosystème primordial dans la conservation de la biodiversité et la protection physique du milieu littoral. L’importance de ces écosystèmes, véritables pâturages sous-marins, tient surtout à leur biomasse élevée et à leur production primaire considérable, ainsi qu’à leur richesse en faune vagile (c’est-à-dire leur faune mobile).

Leur survie dépend du maintien des conditions de salinité, de lumière, d’hydrodynamisme et des relations qu’ils entretiennent avec la faune associée, notamment en terme d’herbivorie. Ces herbiers sont sujets à d’importantes variations saisonnières. Ils sont fortement influencés par la sédimentation liée à l’érosion du bassin versant en saison des pluies (turbidité de l’eau, recouvrement). Ils montrent une extension en hiver austral grâce aux conditions écologiques plus propices et au balayement des sédiments importés grâce aux alizés du sud-est.

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Praire dense à Halodule (Itsamia, Mohéli, Archipel des Comores)

D’une forte concentration de faune marine (mollusques, juvéniles de poissons, holothuries …), les herbiers marins de Mayotte sont de véritables prairies pour les tortues vertes, avec lesquels ils entretiennent des relations de survie. Un broutage intensif par les tortues tend à accroître la qualité du pâturage en composition spécifique et en qualité nutritionnelle.

Habitat et source de nourriture de ces deux espèces emblématiques de tortues marines, menacées selon l’Union International pour la Conservation de la Nature (IUCN), la viabilité de cet écosystème est considérée comme bonne.

Un article d’Ambre Malet