Ah, les déchets ! Tout élément qui est abandonné est un déchet. Aux côtés de la montée du niveau des océans, de la pêche intensive, de la pénurie d’eau potable, des catastrophes climatiques et de l’inefficacité des services d’hygiène, le niveau des déchets est en train de devenir un problème alarmant pour les îles du Pacifique et de l’océan Indien.

Lors de notre expédition à Mayotte, nous les avons remarqués, ces déchets. À chaque coin de rue, dans les forêts, les ports, les mangroves ou sous les eaux, les déchets s’accumulent. Pourquoi ? Comme pour la majorité des îles, la gestion des déchets à Mayotte est catastrophique, à cause du manque de moyens financiers et technologiques, mais également du manque d’espace.

Situation des petits Etats insulaires

De nombreux petits Etats insulaires en développement, dont mon propre pays, l’île Maurice, ont lancé des campagnes de sensibilisation auxquelles les populations ont réagi favorablement. Toujours est-il que, ne possédant pas les moyens de recycler et de réutiliser les déchets, nous ne savons pas quoi faire de la quantité importante de plastiques, d’aluminium et de papier

– Jagdish Koonjul, président de l’Alliance des Petits Etats insulaires

Dans l’océan Indien, la gestion des déchets solides et le traitement des eaux usées demeurent difficiles. Dans les îles les moins favorisées, comme l’archipel des Comores ou Madagascar, le ramassage et le traitement des déchets est quasiment inexistant. Ainsi, le déversement des déchets dans la mer, un problème inhérent à la mauvaise gestion des déchets, s’additionne à ceux des débris marins et de la pollution des littoraux proches et lointains.

La gestion inappropriée des déchets favorise l’augmentation des populations de rats, qui peuvent propager des maladies, comme la peste ou la galle. De mauvais emballages de déchets augmentent également le risque de paludisme, notamment à Madagascar et dans les Comores. Les récipients utilisés, du sac plastique au bidon de peinture, accumulent les eaux de pluies, un terrain idéal à la prolifération des moustiques.

Notre petite action mahoraise

Lors de notre excursion dans la mangrove de Tsimkoura, nous avons été frappés par l’accumulation des déchets autour des palétuviers et jusqu’en arrière-mangrove. Des tissus apportés par les courants, des morceaux de réfrigérateurs, d’innombrables mégots, canettes et autres pailles … Nous avons donc tenté de ramasser ce que nous pouvions, en espérant que cette action soit le début d’un plus grand projet.

En quelques minutes, nous avions rempli le coffre de notre minibus de sac poubelles pleins. Malgré tout, cette action n’est qu’une goutte d’eau dans un océan de problèmes. C’est du devoir de chacun d’essayer de limiter sa consommation d’emballages et notamment de plastiques. Mais, dans ces pays en développement, la gestion des déchets ne constitue pas une priorité face à la pauvreté ambiante.

Un transfert de technologies est donc nécessaire pour ces états insulaires, avant que le problème de la gestion des déchets ne devienne insurmontable. Une des solutions résiderait dans l’acquisition de technologies efficaces, et surtout bon marché, dont du matériel de recyclage.

Un article d’Alexia Dievart