Sur ces 376 km², Mayotte abrite une biodiversité exceptionnelle, aussi bien en espèces animales que végétales. Nous avons pu en avoir un bel aperçu lors de notre voyage, mais auparavant, un point s’impose sur la situation de Mayotte au sein de l’archipel des Comores !

Situation géographique

Située dans l’hémisphère Sud, l’île de Mayotte forme la partie orientale de l’archipel des Comores, lui-même localisé à l’entrée Nord du Canal du Mozambique, à mi-chemin entre Madagascar et la côte swahilie de l’Afrique orientale.

BESTRUN_ART2_Localisation de Mayotte dans l'océan Indien

Localisation de Mayotte au sein de l’archipel des Comores

Mayotte se compose de deux îles principales, Grande-Terre et Petite-Terre : la jonction entre les deux îles se faisant à l’aide d’énormes barges. Une vingtaine d’îlots se dispersent dans son lagon, l’un des plus vastes du monde, avec une surface de 1 500 km².

Vieille de presque 8 millions d’années, Mayotte présente un relief peu accidenté. Sa forme particulière, due à son point culminant, le Mont Bénara (660 m), fait penser à un hippocampe, ce qui lui a valu son surnom.

BESTRUN_ART2_Carte de Mayotte et de son lagon

Mayotte et son lagon

Histoire et départementalisation

Ancienne société de plantation de l’Empire colonial français, Mayotte devient un Territoire d’Outre-Mer en 1946, avec les trois autres îles de l’archipel des Comores (Grande Comore, Anjouan et Mohéli). Via deux référendums, la population mahoraise vote pour son rattachement à la France dans les années 1970, contrairement aux autres îles de l’archipel, qui deviennent alors indépendantes. L’État français prend acte de cette volonté en distinguant Mayotte comme collectivité territoriale de la République française, un statut critique par l’ONU.

En effet, ce statut hybride est synonyme de faible intégration politique et implique de faibles moyens. Cette situation débouche sur la tenue d’un nouveau référendum par les élus mahorais, afin de décider de l’avenir de leur île : la départementalisation, votée en 2009, devient effective en 2011. Ce dernier vote entérine ainsi un processus engagé il y a plus de 30 ans et affirme la volonté des Mahorais à devenir français.

Or, bien qu’actée depuis 8 ans, la départementalisation de Mayotte au sein d’une égalité de droits avec la France métropolitaine prendra plusieurs années, voire décennies. Au regard de l’écart considérable entre Mayotte et l’Hexagone, le rattrapage en matière d’équipements, de logements, de santé, d’éducation, de droit social et de développement économique est estimé par l’État à 20 ou 25 ans.

Biodiversité mahoraise

Mayotte dispose d’un patrimoine naturel d’exception, terrestre comme marin. Les habitats observés sur l’île sont multiples et variés, tout comme la faune et la flore y résidant : on retrouve des récifs coralliens, des herbiers marins et fonds lagonaires, mais aussi des mangroves, des forêts (sèches, mésophiles ou humides), des côtés rocheuses et autres padzas.

En quelques chiffres, la flore mahoraise se résume à 1 243 taxons d’espèces végétales, dont 55 % d’espèces indigènes et endémiques. La végétation forestière de Mayotte est également une gageure de la conservation des sols et des ressources en eau de l’île.

Quasiment aussi variée que la flore, la faune mahoraise présente des affinités avec celles de Madagascar et des Mascareignes. Dans le lagon, de nombreux poissons, éponges, méduses, oursins, holothuries et crustacés sont observés. En milieu terrestre, quelques espèces d’amphibiens et de reptiles peuvent être retrouvées, de même qu’un grand nombre d’oiseaux (plus de 130 espèces inventoriées), mais peu de mammifères.

Une île avec des enjeux

En accroissement rapide, la population mahoraise atteignait 212 600 habitants en 2012. Avec 570 habitants au km², Mayotte est le département français le plus densément peuplé, après ceux d’Île-de-France.

Malgré cette situation, l’agriculture mahoraise réside sur une économie de cueillette, où les cultures vivrières sont produites dans un contexte familial. Néanmoins, toute terre est  bonne à prendre : même les zones les plus difficiles d’accès et d’usage (hauts boisés, pentes à presque 100 %) sont exploitées selon une culture itinérante sur brûlis, destructrice des habitats.

En milieu aquatique, la surpêche a provoqué la diminution des stocks de poissons, avec une diminution de la taille des prises. Le braconnage est également courant, notamment sur les tortues marines, très prisées pour leur chair et la carapace.

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Un article d’Alexia Dievart